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Le 30 juin 1908, à 60 km de la petite ville de Vanavara en Sibérie, à 7h14 environ a eu lieu la plus grosse explosion connue de l'ère humaine due à la rencontre d'un objet céleste avec la Terre et plus connue sous le nom "d’événement de la Toungouska".

60°55'6.94"N 101°56'54.55"E

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Beaucoup d’explications et de fantasmes scientifiques ou parascientifiques ont été avancés pour expliquer ce qui était arrivé en Sibérie ce jour là. Quoi qu’il en soit, force est de constater qu’il demeure beaucoup d’inconnues quant à l’objet ayant impacté notre planète, d’autant que la première expédition à s’être rendue sur place n’a pu le faire qu’en 1927 et qu’elle n’a pu trouver aucun cratère.
Les seules choses certaines sont qu’un corps venu de l’espace a explosé à une altitude comprise entre 5 et 10 km, que le souffle qui a consécutivement dévasté la région équivalait à plusieurs centaines de fois celui de la bombe d'Hiroshima et que cela a détruit la forêt sur un rayon de 20 kilomètres et fait des dégâts jusqu'à une centaine de kilomètres.

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Tunguska-Map-fr.svg
Situation et zones d'impact de la météorite de la Toungouska.
En rouge : forêt détruite (R=20 km)
En orange : forts dégâts (R=100 km)
En dégradé bleu : bruit de l'explosion (R=1500 km)


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http://www.science-explorer.de/bilder/tunguska/tunguska08.jpeg.JPG
La région aujourd’hui


Le 30 juin 1908, donc, dans la région de la Toungouska Pierreuse, quelques natifs toungouses et des colons russes purent observer une boule de feu fendre l’air, tandis qu’à Kirensk, à environ 400 km de là, des témoins ont parlé d’une "colonne de feu". A 7h14 locale (0h14 T.U. ou 7h02 heure locale solaire) près de 10mn plus tard, se produisit un flash intense et des salves de sons assourdissants rappelant ceux de batteries d’artillerie. Les observateurs proches de l’explosion rapportèrent que la source sonore s’était déplacée durant tout le temps du phénomène, de l’est vers le nord. La forêt fut intégralement détruite dans un rayon de plus de 20 km, 60 millions d'arbres auraient été arrachés par le souffle de l'explosion, l’onde de choc renversa les humains, brisa les fenêtres et fit des dégâts sur une centaine de kilomètres et la déflagration fut audible dans un rayon de 1 500 km. De nombreux incendies se déclenchèrent, brûlant des zones forestières pendant plusieurs semaines.


http://www.science-explorer.de/tunguska.htm
Les débris de forêt - Photo de 1908


http://www.sott.net/articles/show/148819-Tunguska-the-Horns-of-the-Moon-and-Evolution
Les débris de forêt - Photos de 1908


http://www.sott.net/articles/show/148819-Tunguska-the-Horns-of-the-Moon-and-Evolution
L’orientation des arbres arrachés par la déflagration


Cette explosion fut enregistrée à 7 h 17 min 11 s à l'observatoire magnétique d'Irkoutsk, à 1000 km de là. Et bien que l’échelle de Richter n’ait pas été développée jusqu’en 1935, il a été estimé qu’à certains endroits l’onde de choc avait pu atteindre l’équivalent d’un séisme de magnitude 5, et ce pendant 51mn. Lors de ces évènements, un cheminot du Transsibérien crut que sa locomotive avait explosé. Il se trouvait pourtant à 560 km du point d’impact.
L’explosion a également produit des variations de pressions atmosphérique suffisamment importantes pour être détectées en Angleterre sur les barographes tous nouvellement inventés.
Comme lors de l’éruption du Krakatoa en 1883, un vortex de poussières et de cendres se forma et fut entraîné jusqu'en Espagne par la circulation atmosphérique, créant des halos dans la haute atmosphère, qui s'étendirent sur tout le continent. On put observer des couchers de soleil particulièrement colorés et l’ Europe Occidentale put expérimenter ce que l’on appela les « Nuits Brillantes », car la luminosité devint si exceptionnelle, qu'on pouvait lire un journal en pleine nuit. Aux Etats-Unis, l’observatoire Smithsonian d’astrophysique et celui du Mont Wilson purent constater une décroissance de la transparence atmosphérique qui dura plusieurs mois.


http://www.sott.net/articles/show/148819-Tunguska-the-Horns-of-the-Moon-and-Evolution
Comparaison de la zone d’impact avec la surface de Washington DC


A moins de 20 km de l’épicentre de Toungouska, environ 700 rennes et tous les chiens furent brûlés vifs. Tentes, nourriture et stock de bois des nomades partirent également en fumée. Par contre, miraculeusement, on n’eut à déplorer que deux victimes humaines. Selon le livre Guinness des Records édition 1966, en tenant compte de la vitesse de rotation de la Terre et de sa trajectoire, si la collision avait eu lieu 4 heures 47 minutes plus tard, elle aurait complètement rasé la ville de Saint-Petersbourg.

Malheureusement, tous les mystères sur cette affaire ne sont pas totalement levés, en effet si l'hypothèse de la météorite fut immédiatement soulevée en Europe Occidentale et aux Etats-Unis qui avaient pu enregistrer l’onde de choc, la première étude sur les lieu ne put être menée qu’en 1927, compte tenu des troubles politiques dans la Russie Impériale et de la révolution qui s’ensuivit. De façon très étonnante, on ne découvrit sur place ni cratère, ni trace d'impact, ni débris. Il fallut ensuite attendre 1958 et 1961 pour que deux expéditions puissent retourner sur place et ce malgré la Guerre Froide pour découvrir dans le sol de la région un grand nombre de petites sphérules de silicates et de métal, certaines renfermant des gaz, structures ne pouvant se former qu'à de très hautes températures. Ce n’est qu’en 1993 qu’une étude américaine proposa l’hypothèse que l’impact avait été provoqué par un noyau cométaire de petite taille, essentiellement composés de gaz gelés qui avaient fondu et explosé entre 6 et 9 km d'altitude, le reste de la matière s’étant dispersé en une pluie de sphérules.
Un autre débat vit le jour des années plus tard. Luca Gasperini, un géologue italien, interpellé par la forme et l’orientation du lac Cheko (grand axe orienté vers l’épicentre) entrepris dès 1999 des études sur ses sédiments. Ce lac d’une largeur de 364 m, d’une longueur de 708 m et d’une profondeur de 50 m, situé à 7 km du point d’impact, semble inconnu des archives avant 1908 et sa première apparition sur les cartes date de 1928.

60°57'58.95"N 101°51'28.52"E

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http://johnstodderinexile.files.wordpress.com/2007/11/lake-cheko.jpg


Pour le chercheur italien, ce lac est sans doute un cratère formé par un impact secondaire dans un marais alluvial. Des images de synthèses ont d’ailleurs été réalisées grâce à des moyens d'imagerie acoustique. Pour d’autres chercheurs par contre la forme elliptique du Cheko ne semble pas confirmer cette hypothèse.


http://www.futura-sciences.com/uploads/RTEmagicC_cheko-synthese.jpg.jpg
Image de synthèse du cratère présumé du Cheko dans son environnement naturel


Alors qu’est-il réellement tombé sur la Toungouska en 1908 ? Une petite comète (théorie des astronomes F.Whipple en 1930 et L.Kresak en 1978) ? Un astéroïde pierreux (théorie du géochimiste Yevgeniy Kolesnikov) ? Une météorite mixte (théorie de S.N.Blazhko et Yu V.FilippovYu) ? Le débat reste ouvert. Tout du moins, une dernière évaluation de l’objet, (surnommé TCB,Tunguska Cosmic Body ou Ogdy, nom du dieu du feu des Évenks) faite en 2007 par les laboratoires Sandia, est qu’il devait mesurer près de 500 m et peser environ 62000 tonnes.
Malgré tout de nombreuses autres hypothèses plus ou moins surprenantes ont été avancées au fur et à mesure des années : Un mini trou noir aurait traversé la Terre (Al Jackson, Mike Ryan, 1973), des millions de tonnes de méthane échappés de conduits volcaniques auraient explosé (Wolfgang Kundt, 2001), une météorite d’antimatière se serait abattue (Cowan, Atluri et Libby, 1965), une boule de foudre d’un kilomètre de diamètre aurait parcouru la région (Anthony Lawton, 1977), un astéroïde de matière miroir et donc invisible aurait explosé en altitude (Robert Foot, 2002).

Par ailleurs, certains ont également mis en exergue des analogies entre l’explosion sibérienne et une déflagration atomique comme celle d’Hiroshima en 1945.
A Hiroshima, on a observé que peu de dommages autour du point d’impact. Plus curieux, les plantes et les arbres ont repoussé, sur les deux sites, à une vitesse extraordinaire.
La croissance des végétaux serait de l'ordre de 5 à 10 fois plus rapide que la normale d’après les chercheurs soviétiques. Ils ont également notifié que des mutations seraient apparues sur certaines espèces d’insectes et que même les humains descendant des témoins auraient subi des modifications sanguines. Leurs propos sont cependant contestés par les chercheurs européens. Il y a donc un doute sur ces mutations qui pourraient n’être dues qu’à une augmentation de la radioactivité.
Néanmoins les témoins sibériens ont parlé d’un gigantesque nuage de fumée après l’explosion, ce qui évoque le champignon provoqué par les armes nucléaires.

D’autres ont parlé également d’un tir du légendaire rayon de la mort de Nikola Tesla.

D’autres commentateurs, enfin, ont bien sûr tout de suite évoqué le crash d’un vaisseau spatial. Les matériaux retrouvés étaient, pour eux, les débris d’un engin extraterrestre qui se serait désintégré en pénétrant dans l’atmosphère. Leur hypothèse était étayée par des témoignages d’habitants disant avoir vu un objet cylindrique dans le ciel, descendant lentement vers la Terre, puis changeant subitement de direction.


L'énigme de la toungouska
envoyé par ummo12


Cela dit, l’évènement a inspiré beaucoup d’artiste et de réalisateur au fil des années, et on en retrouve la trace chez Lovecraft, dans les X-Files, dans un film de 1959, "l’Etoile du Silence", dans une bande déssinée, "Les carnets du Vatican"…